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23 septembre 1914

Il semble que l’ennemi glisse vers l’ouest. Les troupes rive droite doivent attaquer. La 109ème Brigade placée rive gauche est en réserve. Le 282ème se porte à Montigny (3 km sud de Vic-sur-Aisne) et se place en formation de rassemblement à la cote 135 (1500m sud de Montigny) le long de la Chaussée Brunehaut.

A 18 heures le régiment va prendre ses cantonnements à Ambleny.

Situation géographique du 23 septembre 1914

JMO

Vécu de la mort et du deuil pour « l’arrière »

En août, les premiers deuils avaient mis leurs crêpes dans nos rues. D’abord on remarqua les silhouettes voilées des femmes (dont  mon arrière-grand-mère à Audincourt), on s’écartait par respect du sillage douloureux ; puis il y eut tant de mères, d’épouses, de fiancées et de sœurs atteintes dans leurs affections, que la physionomie des rues s’assombrit et que les femmes épargnées prirent elles-mêmes le deuil par délicatesse nationale, pour ne pas, avec une toilette claire, dans tout ce noir, faire une tache.

La mort des civils autour de nous laissait notre sensibilité à peu près indifférente. C’est une connaissance, une notion intellectuelle qu’on acquiert ; elle n’a plus de résonance en nous.

On laisse les morts enterrer les morts. Tout reste étroitement enfermé dans le cercle familial.

Il y a trop d’hommes qui tombent à toute heure sur les champs de bataille pour qu’on ressente une émotion devant un cas de mort naturelle, quels que soient l’âge, le sexe, les sympathies dont le défunt est entouré.

Notre sensibilité se réserve tout entière pour les deuils de la patrie. Chaque fois qu’un Montbéliardais inconnu meurt aux armées, c’est un deuil collectif.

Livre Montbéliard p. 47-48

Septembre 1914 (suite)

Puis ce furent les inoubliables journées de septembre, l’offensive générale du 6 où le général Joffre donna l’ordre aux troupes « de se faire tuer sur place plutôt que de reculer ».

Le 8, les Alliés forcent le passage du Petit-Morin. Les allemands cèdent à l’aile gauche. Des combats acharnés se livrent entre la Fère-Champenoise, Vitry-le-François et la pointe sud de l’Argonne.

Le 9, les anglais passent la Marne et poursuivent les allemands vers le nord. Les français sont vainqueurs sur l’Ourcq et à Montmirail.

Le 10, la Garde prussienne est refoulée au nord des marais de Saint-Gond.

Le 11, le centre allemand plie à Sézanne.

C’est le reflux de la vague ennemie derrière l’Aisne et au nord de Reims. C’est la grande victoire de la Marne où notre armée a sauvé la France et la civilisation.

Au fur et à mesure que les bonnes nouvelles nous parvenaient, c’était comme un sang nouveau qu’on transfusait dans nos veines. On respirait, on se détendait, on se dilatait. On se rendait compte, maintenant qu’il se dissipait, de l’affreux cauchemar où tant de jours nous avions été plongés, où nous ne mangions plus, où nous ne dormions plus. On renaissait à la vie, on y retrouvait du prix, on voulait vivre pour acclamer la victoire complète et décisive.

Livre Montbéliard p.45.46

14 septembre 1914

La 55 DR doit franchir l’Aisne par la distillerie et la verrerie de Vauxrot et se porter sur Pasly.

Le 282ème passe l’Aisne à Soissons à 4 heures par le pont de bateaux et la passerelle du faubourg de Reims.

Le régiment est placé en réserve à la verrerie de Vauxrot, commune de Cuffies et met cette usine en état de défense.

JMO

Situation géographique du 14 septembre 1914