Archives par mot-clé : Guerre Aérienne

29 février 1916 : la guerre aérienne

mardi 29 février. A 7h15 un taube passe au-dessus de la ville à une grande hauteur, se dirigeant vers l’ouest. Il est canonné par le Mont-Bart et le Vaudois et disparaît dans les nuages, en suivant la direction ce-dessus.

A 8h15, puis à 9h, trois coups de canon tirés de la Citadelle signalaient aux Bisontins l’approche d’un taube.

A 12h30 un avion inidentifié a repassé sur Montbéliard, se dirigeant vers le sud-est.

Livre Montbéliard p. 215

13 février 1916 : la guerre aérienne

dimanche 13 février. Vers 14h15, un avion boche aux ailes blanches et transparentes – un Fokker sans doute – passe à une assez faible altitude à l’Est de la ville.

Canonné, notamment par le Mont-Bart, il disparaît au sud-est dans les nuages où il avait cherché un refuge.

Une heure auparavant, on avait entendu le ronflement d’un moteur dans le ciel alors obscurci. Au bruit, on s’était rendu compte de la marche de l’appareil qui se dirigeait vers le sud-ouest.

Ce serait le même avion qui, après avoir suivi la voie ferrée jusqu’aux environs de Besançon, aurait été aperçu à Montbéliard, seulement à son retour.

Livre Montbéliard p. 214

5 novembre 1915 : la guerre aérienne

jeudi 5 novembre. Vers 10h30, un avion allemand survole Besançon et jette quatre bombes dans la banlieue. Aucun dégât. C’est la première fois que les Boches font leur apparition sur Besançon.

A 15h4°, un biplan français ,descend sur Montbéliard en décrivant une grande spirale ; puis, parvenu à peu près à deux cents mètres au_dessus de la place St_Martin, il lance un message. La boîte qui le renfermait et à laquelle flottait une écharpe, est tombée rue des Granges.

Les deux aviateurs adressaient leur salut aux camarades de l’armée cantonnés à Montbéliard. L’oiseau français a pris ensuite de la hauteur et a disparu dans le ciel bleu de cette belle après-midi d’automne.

Livre Montbéliard p. 214

28 octobre 1915 : la guerre aérienne

jeudi, 28 octobre. A 13h, un taube est aperçu dans notre ciel au nord-nord est. Il est fortement canonné par les forts, surtout par celui de la Chaux dont les obus semblent éclater bien près de l’oiseau boche.

Le taube ayant été pris en chasse par un avion français, la canonnade s’interrompt et les deux aéros disparaissent dans les nuages au nord-est.

Livre Montbéliard p. 214

17 octobre 1915 : la guerre aérienne

Dimanche, 17 octobre. A 10h30, visite d’un taube. Il est si vigoureusement canonné par nos forts, notamment par la Chaux qui l’encercle de fumeroles de plus en plus rapprochées, qu’on croit qu’il sera « démoli ». Beaucoup de monde au Grand-Jardin pour assister à la bataille et voir l’avion s’enfuir dans la direction nord-est.

A 11h15, nouvelle canonnade sur un taube à l’Est.

A 15h20, au-dessus du pavillon de chasse, dit « la Djouga », dans le bois de Grand-Charmont, on entend le ronronnement d’un moteur dans le ciel. Les batteries crachent tout autour de nous. Pour nous protéger contre les shrapnelles qui éclatent au-dessus de nos têtes, nous nous réfugions sous des arbres.

A 16h, un aéro français dont on aperçoit distinctement la cocarde passe en croisière très bas.

Par un cultivateur de Grand-Charmont, puis par des Belfortains, on apprend qu’entre 9 heures et 15 heures, dix-huit avions allemands ont survolés Belfort et qu’ils ont jeté sur la ville de quarante à cinquante bombes dont plusieurs n’ont pas éclaté.

La véranda de la gare, l’hôpital ont été légèrement atteints ; il y a eu malheureusement deux morts et sept blessés.

Livre Montbéliard p. 213

16 octobre 1915 : la guerre aérienne

Samedi, 16 octobre. A 9h35, un taube est aperçu dans le ciel montbéliardais à une très grande hauteur. Canonné par les forts, notamment par celui de la Chaux, il rebrousse chemin.

A 16h45, une canonnade lointaine recommence. On aperçoit au-dessus de l’hôtel de ville un taube qui en prenant de la hauteur se dirige vers le sud-est. Le fort de la Chaux et celui du Mont-Bart ouvrent le feu : l’avion est bientôt encadré de fumeroles.

Place st-Martin, près d’un groupe qui stationne à l’angle de la maison Louis Morel, un claquement sec retentit sur le pavé. Un employé de banque se baisse et ramasse un éclat d’obus de la grosseur d’une pièce de 5 francs, tout noir, aux arêtes brillantes, et qui sent la poudre fraichement tirée. Des débris de shrapnells tombent en même temps dans le petit jardin de la maison Morel et sur le toit du temple. Les curieux se réfugient contre la façade des maisons.

Et tout à coup, une voix s’écrie :

-encore un ! Encore un troisième !

Du haut du clocher de l’hôtel de ville, on aperçoit les taubes qui fuient dans le ciel entre la grange-la-Dame et la Chaux. Ils tournoient, se rapprochent et s’écartent, en s’éloignant. Dans la brume du soir, les obus qui éclatent font des points lumineux.

Pendant le bombardement, le jeune fermier de la Grange-la-Dame, qui travaillait dans les champs, s’est caché sous sa voiture pour éviter les shrapnells.

Des fragments d’obus ont été recueillis : avenue de la Prairie (près du Pont-Vert et sur la terrasse de M. Ferrand, aîné), place de la Gare, place Denfert, au canal et rue des Granges.

A ce dernier endroit, une dame a été blessée peu grièvement. Rue Cuvier, une jeune fille qui lavait une devanture a reçu un shrapnell dans les reins.

Les habitants, malgré les recommandations qui leur ont été faites et leur sont renouvelées, continuent à s’exposer aux éclats de nos propres projectiles ; la curiosité est plus forte chez eux que la plus élémentaire prudence.

Livre Montbéliard p. 212